Informations patients

Le cartilage est une structure complexe qui permet l’articulation de 2 os entre eux.
C’est une surface qui permet le glissement nécessaire aux mouvements de la vie quotidienne.

Ce cartilage est utilisé tous les jours lors de nos activités et il peut exister des usures pour des raisons mécaniques ou pathologiques.

La dégradation du cartilage est multifactorielle et elle évolue progressivement vers l’arthrose.
Néanmoins, il n’y a pas de capteurs nerveux sur le cartilage donc l’arthrose ne provoque pas directement de douleur.

Les documents scientifiques prouvent qu’il n’existe pas de relation entre la douleur et ce que l’on observe sur les radios, IRM ou arthroscanner. La douleur est ressentie lorsqu’il existe une perturbation du mouvement articulaire qui peut être secondaire à une dysfonction mécanique, une faiblesse ou une raideur musculaire, une dégradation du cartilage.

Dans un premier temps, la douleur articulaire doit bénéficier d’une kinésithérapie ciblée sur l’amélioration de la mécanique articulaire, le développement de la force et de la souplesse musculaire.
Il n’y a pas de recette et de produit miracle et c’est le bilan du rééducateur qui permettra de définir les origines de la perturbation mécanique et de la douleur.

Chaque patient est un cas particulier qui doit bénéficier d’une rééducation personnalisée en rapport avec les connaissances actuelles de la science. En cas de persistance de douleur malgré une rééducation bien effectuée, il faudra envisager le traitement médical puis chirurgical si les symptômes ne disparaissent.

La kinésithérapie intervient en complément de la prise en charge médicale et elle s’inscrit dans le parcours de soin, lors d’une chirurgie, en pré et post-opératoire.

L’entorse de cheville est de loin la blessure la plus fréquente dans les pathologies sportives. On en dénombre environ 6000 chaque jour. Ce traumatisme est marqué par un nombre de récidive important, jusqu’à 50%. Ce chiffre inquiétant met à la lumière un problème de pris en charge, notamment sur les facteurs prédisposant.

En effet, la communauté scientifique a décrit les déficits fonctionnels favorisant l’entorse de cheville comme la raideur en flexion dorsale, l’hypoextensibilité du triceps, la faiblesse des muscles stabilisateurs et les troubles proprioceptifs (équilibre).

Si un sportif présente ces troubles, il récidivera tant qu’il n’aura pas effectué une rééducation adaptée. Après une entorse de cheville, le repos ne permet pas de corriger ces facteurs favorisants.

L’absence de douleur, de gonflement ne suffisent pour autoriser la reprise sportive.

Dès le premier épisode d’entorse, aussi bénin soit-il, il est fondamental de ne pas le négliger et de le considérer comme une alerte. Seule une rééducation adaptée garantira la stabilité articulaire lors de la pratique sportive et une absence de récidive.

Cette kinésithérapie nécessite d’être complétée par un programme d’éducation, remise au patient sous forme de fiche, afin de garantir la pérennité du résultat.

Les traumatismes ligamentaires du genou peuvent aboutir à une prise en charge chirurgicale, mais pas toujours. L’atteinte des ligaments latéraux ne provoque pas d’impotence fonctionnelle importante et sont considérés comme une entorse bénigne.

La principale complication peut être la persistance d’une douleur qui reste durant 3 à 6 mois. Cette séquelle reste rare et cède toujours avec le temps.

L’entorse est dite grave lorsque les ligaments croisés du genou sont touchés. Le ligament croisé postérieur (LCP) est plus solide. Il peut être atteint dans le cas d’un choc externe (plaquage, choc direct sur le genou) ou lors d’un mouvement en hyperextension (genou qui part vers l’arrière). La rupture de LCP produit exceptionnellement des instabilités mais dans ce contexte, on observe une dégradation précoce du genou au niveau du cartilage.

Les instabilités de genou sont rencontrées lorsque le ligament croisé antérieur (LCA) est rompu. Ce LCA, beaucoup moins solide que le LCP, est pourtant celui qui est le plus invalidant fonctionnellement lorsqu’il est atteint.

Quelque soit la lésion ligamentaire, l’urgence après une entorse de genou est à la rééducation et la récupération des capacités fonctionnelles.

Il est possible d’avoir des activités physiques et sportives malgré la rupture d’un LCP ou LCA.

En fonction du résultat de la rééducation, de l’âge du patient, de son sport, de son activité professionnelle et de son souhait, la chirurgie peut être proposée pour remplacer le ligament rompu.

La douleur peut-être aiguë ou chronique.

La douleur aiguë est la principale source de protection de l’être humain.
Certains individus, qui par anomalie génétique naissent sans système de douleur, ont une espérance de vie raccourcie.
La douleur aiguë est une source d’information extrêmement désagréable qui permet de nous bloquer et de nous restreindre dans nos activités afin qu’on ne se dégrade pas plus et que l’on se rende compte que quelque chose ne va pas.
Elle nous informe d’une altération physique, fonctionnelle, ou émotionnelle.

La douleur est produite 100% du temps par le cerveau en correspondance avec les informations qui proviennent du corps. Les stimulations corporelles sont permanentes et le cerveau choisi de les traiter comme des perceptions normales ou de produire de la douleur.
La douleur est donc dans la tête au même titre que les autres sens (la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher) chez tous les individus quelques que soit leurs particularités psychologiques.

Le développement de ces sens, volontaires comme dans le cadre de certaines professions (nez dans les parfumeries, sommeliers, critiques gastronomiques) ou involontaires dans le cadre de la douleur, sensibilise le cerveau à ces perceptions périphériques. S’il existe une information douloureuse qui provient au cerveau durant plus de 3 mois, le cerveau se sensibilise à ce message nerveux et la douleur devient chronique.

Dans ce contexte, le cerveau se met à produire de la douleur pour chaque information normale qui provient de la périphérie corporelle. Ce phénomène est réversible car nous avons la capacité, à l’intérieur de notre organisme, de produire des antidouleurs plus puissant que ceux disponibles en pharmacie.

La fatigue, fonctionnelle par le déconditionnement physique et la sédentarité, métabolique par une alimentation inadaptée ou la prise régulière de substances toxiques, psychique par un mode de vie stressante ou dans le cadre d’une difficulté à traiter toutes les informations disponibles, est une composante qui perturbe grandement nos systèmes antidouleurs.

Durant longtemps, les patients douloureux chroniques étaient considérés comme « fous » car les professionnels de santé étaient impuissants, faute de connaissances suffisantes et techniques adaptées.

Les récents travaux scientifiques montrent que des solutions existent. De nouvelles techniques de rééducation sont possibles, à base d’éducation à la douleur et de reconditionnement fonctionnelles.

La prise en charge est parfois longue mais efficace lorsque la kinésithérapie est adaptée et le patient volontaire et déterminé.

La prise en charge ostéopathique est un soin global du corps qui fut créé par Andrew Taylor Still (1828-1917) au début du 20ième siècle.

Cette technique est complémentaire de la kinésithérapie.
Elle permet, par des manœuvres sur les articulations et les tissus mous, de redonner une mobilité fine qui a été perdu.

L’origine de la dysfonction va engendrer une adaptation d’une chaine ostéo-articulaire qui peut donner des symptômes à distance du mouvement déficitaire. Il est même fréquent qu’une perturbation mécanique s’installe de manière indolente et évolue à bas bruit durant plusieurs mois avant de produire un blocage aigu. La complexité de la prise en charge sera alors d’établir un bilan rigoureux qui analyse l’origine du problème et son mode d’installation.

La correction peut se faire selon plusieurs techniques manuelles, avec ou sans « craquement ». Les indications principales restent les bocages aigus du dos, au niveau lombaire, dorsal et cervical.

Les perturbations mécaniques des membres (épaule, coude, poignet, hanche, genou, cheville) peuvent être traitées par une approche ostéopathique. Néanmoins, cette approche, comme toute technique, a certaines limites et le complément kinésithérapique peut s’avérer nécessaire selon les cas.

La magie n’existe pas et l’ostéopathie n’est pas l’indication adaptée aux pathologies graves qui relèvent d’un traitement médical. La consultation d’un ostéopathe professionnel de santé (médecin, masseur kinésithérapeute) est conseillé en cas de réorientation vers un médecin spécialiste si la pathologie du patient ne relève pas du soin ostéopathique.

Les séances d’ostéopathie ne sont pas prises en charge par l’assurance mais un remboursement est possible par votre mutuelle en fonction du contrat souscrit.

L’étude de la posture est une compétence partagée entre les podologues, les médecins et les masseurs-kinésithérapeutes.

La gestion de la posture est un processus neuro-physiologique régulé par des automatismes. On a besoin de notre posture à chaque instant et nous avons peu d’action pour la changer.

La posture est un pré-requis à l’exécution du geste et du mouvement. Le geste et le mouvement peuvent être perturbés si la posture est de mauvaise qualité.

De nombreuses pathologies, syndromes douloureux, instabilités, perte d’équilibre, sont secondaires à des troubles posturaux.

Si un patient enchaine les problèmes de l’appareil locomoteur et qu’une rééducation bien conduite ne suffit pas, un bilan postural est indiqué.

L’objectif de cette évaluation sera de solliciter les capteurs à la base de la régulation posturale automatique et d’isoler celui qui est l’origine de la perturbation. Pour ce faire, le bilan doit se faire de manière clinique et instrumental à l’aide d’une plate-forme de stabilométrie.

Le patient est testé dans plusieurs situations afin de déterminer dans quelles conditions sa posture est optimale. En effet du résultat, il peut y avoir une prise en charge par un masseur-kinésithérapeute, par un podologue, par un orthoptiste, etc…